EXTRAIT Le-crépuscule-du-soir

Le 20-03-2019

Visions poétiques du monde

Le crépuscule du soir
« Ô nuit ! Ô rafraîchissantes ténèbres ! Vous êtes pour
moi le signal d’une fête intérieure, vous êtes la délivrance
d’une angoisse ! Dans la solitude des plaines, dans les
labyrinthes pierreux d’une capitale, scintillement des
étoiles, explosion des lanternes, vous êtes le feu d’artifice
de la déesse Liberté !
Crépuscule, comme vous êtes doux et tendre ! Les lueurs
roses qui traînent encore à l’horizon comme l’agonie du
jour sous l’oppression victorieuse de sa nuit, les feux des
candélabres qui font des taches d’un rouge opaque sur
les dernières gloires du couchant, les lourdes draperies
qu’une main invisible attire des profondeurs de l’Orient,
imitent tous les sentiments compliqués qui luttent dans
le cœur de l’homme aux heures solennelles de la vie. ».
Charles Baudelaire, « Le Crépuscule du soir », Le
Spleen de Paris, 1869.